Moments psychotiques dans le travail clinique
Sous la direction de Olivier Douville et Virginie Vaysse.
Il ne s'agit pas seulement de relater des moments de soins psychiques où le transfert est porté à ses limites, mais de préciser que le transfert est un opérateur de limites qui joue entre deux personnes dans la création souvent hasardeuse d'un Tiers Lieu et d'un Tiers-Temps.
C'est à partir de ces limites dynamiques et mouvantes du transfert que le traitement de la psychose est considéré. Si l'examen des suppléances auxquelles le psychotique a recours est nécessaire à une compréhension de la psychose menée dans le fil de la psychopathologie fondamentale, les cliniciens, loin de n'être que des observateurs des faits cliniques, sont impliqués dans ce qui permet à un sujet de fabriquer des processus et des zones d'apaisement psychiques.
La clinique a besoin de temps et de lieux. Cette proposition s'impose comme une nécessité logique et vaut pour une exigence au plan des politiques de soin. Dans la difficulté où se trouve la clinique du sujet – et donc la psychanalyse – on lit dans ce numéro qu'elle reste présente et inventive, combative. Nous saluons le renouveau et l'émergence de la psychanalyse, là où des esprits craintifs ne s'attendent guère à la voir résister, refleurir et se transmettre.